Du sténopé au microscope électronique à balayage, appareils espions à détection automatique ou traditionnelle chambre grand format argentique, archives ou emprunts, définitivement plus instant incisif que décisif, Erwan Fichou explore les possibilités du médium photographique. Qu’il s’agisse de commandes pour la presse, l’industrie musicale, de collaborations avec des artistes, de publicité ou de recherches personnelles, il aime appliquer une même mécanique sérielle largement éprouvée par le médium pour sa commodité à ordonner et classer le réel. « Chez Fichou, ce modèle de rationalisme, appliqué aux objets les plus insolites, rassemblés par une logique des plus souterraines, provoque d’intéressantes dissonances. La série ne tente pas l’ordonnancement du chaos, elle exprime la vanité de l’entreprise de représentation et d’indexation du réel. Le cadavre exquis déployé, les séries disposées côte à côte, la logique arbitraire qui semblait la sienne révèle le fil qui le tient. Ce qu’Erwan Fichou dresse tranquillement c’est une collection de manifestations de la folie ordinaire –telle qu’exprimée dans les formes les plus marginales de la culture populaire –, autant de fausses notes dans notre irrémissible route vers le générique ». Raphaelle Stopin.